Comprendre facilement le calcul de la valeur temps d’une option

28 février 2026

Les options, ces instruments financiers discrets, ne font jamais la une comme les actions ou les obligations. Pourtant, leur mécanique irrigue tout le secteur financier et le commerce international. Se familiariser avec leur fonctionnement n’est pas réservé aux seuls initiés : elles servent aussi bien à se protéger contre l’effondrement d’un marché qu’à mettre en place des stratégies de revenus complémentaires.

Qu’est-ce qu’une option ?

Définition de l’option

Une option, c’est un contrat financier qui accorde un droit, mais pas une obligation, d’acheter ou de vendre un actif (action, obligation, matière première…) à un prix fixé à l’avance, durant une période donnée. Ce prix cible porte le nom de prix d’exercice ou strike price. Quant au coût de l’option, il s’agit de la prime.

On parle ici d’un dérivé : la valeur de l’option dépend de celle d’un actif sous-jacent, sans que l’investisseur ne détienne directement cet actif.

Un exemple concret

Imaginons une option qui donne le droit d’acquérir une action Total dans six mois pour 20 euros, alors que le cours actuel s’affiche à 30 euros. Le vendeur de cette option est tenu de céder ses actions à 20 euros si l’acheteur le souhaite. Cette option se négocie aujourd’hui à 15 euros. Voyons ce que cela donne à l’échéance dans six mois :

Selon l’évolution du cours, voici trois scénarios possibles :

  • Si Total grimpe à 50 euros, l’acheteur exerce son option : il achète à 20 euros, revend aussitôt à 50 euros, soit 30 euros de différence. Une fois déduite la prime de 15 euros, son bénéfice net s’élève à 15 euros (50 – 20 – 15).
  • Si Total atteint 25 euros, il exerce également l’option : coût total, 20 euros plus 15 euros, soit 35 euros. À la revente à 25 euros, il encaisse une perte de 10 euros (25 – 35).
  • Si Total chute à 10 euros, il laisse son option expirer : la perte correspond à la prime déboursée, soit 15 euros.

Comparer avec l’achat d’actions classique

Pour mesurer l’intérêt de l’option, comparons avec un achat direct d’actions dans les mêmes cas de figure :

  • À 50 euros, gain de 20 euros (achat à 30 euros, revente à 50 euros) : meilleure performance qu’avec l’option.
  • À 25 euros, perte de 5 euros (30 – 25) : moins de perte qu’avec l’option.
  • À 10 euros, perte de 20 euros (30 – 10) : la chute est plus sévère que la perte limitée à la prime de l’option.

L’option permet donc d’ajuster l’exposition au risque et la performance, selon les hypothèses de marché.

À noter : les chiffres de cet exemple reprennent des données réelles de fin avril 2020.

Call et put : deux faces d’une même pièce

Il existe deux grandes familles d’options : les options d’achat (call) et les options de vente (put).

L’exemple précédent illustre un call. Pour un put, imaginons le droit de vendre une action à 40 euros dans les six prochains mois.

Il est possible d’acheter ou de vendre ces options. Chaque transaction implique un acheteur et un vendeur. Les techniques de vente à découvert, évoquées dans d’autres articles, s’appliquent ici aussi. De la même façon, on peut vendre ou acheter des calls.

Certaines stratégies combinent achat et vente de calls et puts. Les combinaisons sont quasiment infinies.

Des gains et des pertes qui peuvent déraper

Le risque avec les options n’est pas un mythe. Reprenons le cas du vendeur d’option évoqué plus tôt : si, au bout de six mois, l’action Total vaut 50 euros, il doit la céder à 20 euros. Perte brute : 30 euros, à laquelle il soustrait la prime reçue de 15 euros, soit une perte nette de 15 euros.

Mais si Total flambe à 70 euros, la perte grimpe à 35 euros. Plus le cours monte, plus la facture est salée pour le vendeur, sans plafond. C’est une mécanique qui peut vite tourner au piège si l’on ne maîtrise pas les règles du jeu.

Options américaines et européennes : une question de timing

On distingue deux types d’options selon la flexibilité d’exercice. Les options « américaines » autorisent leur détenteur à les exercer n’importe quand jusqu’à échéance. Les options « européennes » ne peuvent être exercées qu’au dernier jour.

La majorité des options listées sont américaines ; les options de gré à gré sont plus souvent européennes. Pour les indices, le modèle européen domine. Avant d’acheter, il faut donc examiner précisément la nature du contrat, comme pour tout produit financier.

Options dans et hors de la monnaie

Valeur intrinsèque

La valeur intrinsèque d’une option correspond à l’écart, s’il est positif, entre le prix du sous-jacent et le prix d’exercice. Par exemple, si Total cote 30 dollars et que l’option a un prix d’exercice de 20 dollars, la valeur intrinsèque est de 10 dollars.

Voici comment on catégorise une option d’achat (call) :

  • « Hors de la monnaie » : le prix du sous-jacent est inférieur au prix d’exercice (valeur intrinsèque nulle).
  • « Dans la monnaie » : le prix du sous-jacent dépasse le prix d’exercice (valeur intrinsèque positive).
  • À la monnaie : le prix du sous-jacent égale le prix d’exercice (valeur intrinsèque nulle).

Valeur temps

Mais le prix d’une option ne s’arrête pas à sa valeur intrinsèque. Il faut y ajouter la valeur temps : c’est la probabilité, d’ici l’échéance, que l’option prenne de la valeur.

Dans notre exemple, l’option s’échange à 15 euros, se décomposant en 10 euros de valeur intrinsèque et 5 euros de valeur temps.

De nombreux paramètres influencent la valeur temps, notamment la volatilité du sous-jacent et la durée de vie de l’option. Les férus de mathématiques peuvent se pencher sur des modèles d’évaluation comme le fameux Black-Scholes.

Se couvrir contre la baisse des marchés : la protection via option

On a vu, avec l’exemple de Total, comment une option permet d’ajuster son niveau de risque. Approfondissons ce levier avec des stratégies concrètes.

Plusieurs méthodes existent pour se prémunir contre les chutes brutales des marchés. Voici quelques pistes :

  • L’achat d’options put permet de fixer un seuil de perte sur un portefeuille en cas de krach.
  • L’utilisation d’options call et put combinées élargit l’éventail des stratégies de couverture.

Exemple de protection contre la chute des marchés

Supposons que vous déteniez un ETF S&P 500 et souhaitiez limiter la perte maximale de votre portefeuille.

Des options existent sur le S&P 500, y compris pour les ETF. Au moment où ces lignes sont écrites, le SPDR S&P 500 ETF cote 279 dollars. Un put avec un prix d’exercice de 200 dollars pour décembre 2020 coûte 8,5 dollars. Ce put donne le droit de vendre à 200 dollars, même si le marché tombe à 150 dollars. Ainsi, la perte n’excédera jamais 30 % (200/279) sur six mois. Le coût de cette assurance s’élève à 3 % (8,5/279).

Le coût de la couverture

Dans ce scénario, l’investisseur se protège contre une chute, tout en gardant la possibilité de profiter d’une hausse. Si l’ETF reste au-dessus de 200 dollars, l’option expire sans valeur, la prime est perdue. C’est le même principe qu’une assurance habitation : l’absence de sinistre ne donne pas droit à un remboursement.

Utiliser les options pour générer un revenu : la stratégie du call couvert

Autre approche : le call couvert. L’investisseur détient un actif (par exemple un ETF) et vend une option d’achat sur ce même actif. Illustration :

Un épargnant possède l’ETF US EEM (marchés émergents), actuellement à 36 dollars. Il vend un call échéance fin juin, strike à 40 dollars, pour 4,50 dollars. Cela représente un revenu immédiat de 4,50 dollars, soit 13 % en deux mois. L’opération peut être répétée régulièrement.

Si l’ETF dépasse 40 dollars, l’acheteur du call exerce son droit et rachète l’ETF à ce prix ; la plus-value supplémentaire échappe alors au vendeur d’option. La stratégie fonctionne tant que l’ETF ne s’envole pas trop. En cas de forte baisse, la valeur du portefeuille diminue également. Ce schéma implique de renoncer au potentiel de hausse au-delà du prix d’exercice.

Comment acheter des options ?

Le marché des options est vaste, surtout aux États-Unis, mais il existe aussi en Europe. Le Chicago Board Options Exchange (CBOE) est la place historique du secteur, créée dans les années 1970.

Options sur Euronext

En Europe, Euronext propose diverses options sur ETF. Voici quelques exemples d’ETF accessibles :

  • iShares Core EURO STOXX 50
  • iShares MSCI Marchés émergents
  • iShares MSCI Japon EUR Couverture
  • iShares Core MSCI Europe
  • iShares Core FTSE 100 OPCVM
  • iShares Core S&P 500
  • iShares MSCI World

Options chez les courtiers en ligne

Certains courtiers comme Bourse Direct donnent accès à une interface dédiée pour trader les options, par exemple sur le CAC 40.

Voici également un aperçu des options sur Total proposées chez Binck :

L’Autorité des marchés financiers (AMF) souligne que le marché des options s’adresse en priorité aux investisseurs expérimentés.

Options sur les portails d’information

Pour obtenir des informations sur les options, il est possible d’utiliser des plateformes comme Yahoo Finance. En sélectionnant un actif, l’onglet « Options » affiche la liste disponible, mais attention, toutes les options ne figurent pas sur ces portails, ni chez tous les courtiers.

Quel rendement attendre des options ?

Un jeu à somme nulle

Contrairement aux placements en actions, l’investissement en options est ce qu’on appelle un jeu à somme nulle : chaque gain d’un investisseur se traduit par une perte pour un autre. Les frais rendent même ce bilan légèrement négatif. Cela ne rend pas les options inutiles, mais impose d’en connaître les règles.

Les stratégies évoquées ici, qu’il s’agisse de couverture ou de création de revenus, présentent des limites. Se protéger contre une forte baisse coûte cher, la prime d’assurance pouvant être dissuasive.

Performance d’une stratégie anti-krach

L’indice CBOE simule la couverture contre les chutes de marché

Le CBOE a développé un indice dédié, le Cboe S&P 500 5% Put Protection Index. Il suit la performance d’un portefeuille S&P 500 combiné à l’achat mensuel d’un put 5% hors de la monnaie.

L’indice existe depuis 1986, ce qui permet de disposer d’un long historique, bien que les performances passées n’augurent en rien des résultats futurs.

Entre juin 1986 et juin 2019, on observe les pertes maximales sur le S&P 500 (zone bleue) et sur la stratégie de protection via put (courbe rouge).

Des limites à la protection et un coût élevé

La baisse maximale de la stratégie put protection dépasse largement les 5 %, flirtant parfois avec les 40 %.

Deux raisons principales expliquent cette situation :

  • Sur un mois, la chute peut excéder 5 %, la prime des puts s’ajoutant à la perte. Lors des périodes de crise, la volatilité grimpe et fait exploser le prix des options. Exemple : en janvier 2008, la stratégie perd plus de 10 % alors que le VIX, l’indice de volatilité, dépassait les 40 %.
  • Les baisses peuvent s’enchaîner sur plusieurs mois.

Au final, la stratégie ne protège pas intégralement contre les secousses extrêmes. La perte maximale reste moins élevée que celle du S&P 500 sans couverture (40 % contre 50 %), mais à quel prix ?

En échange de cette protection partielle, la stratégie put protection sacrifie 3,2 points de rendement par an (7 % annuel pour la stratégie, contre 10,2 % pour le S&P 500).

La performance est similaire à celle d’un portefeuille constitué à 60 % d’actions et 40 % de liquidités, sauf que la couverture contre la baisse reste inférieure. Une approche plus simple, telle que la réduction de l’exposition actions, aurait été plus efficace que cette stratégie sophistiquée.

En définitive, le constat est limpide : l’assurance profite davantage à celui qui la vend qu’à celui qui la souscrit.

Les options, un levier aussi dans la vie réelle

Se prémunir contre la volatilité des prix

La théorie des options n’est pas réservée aux ingénieurs financiers. Ses applications sont nombreuses, y compris hors des marchés.

Un exemple parlant : une compagnie aérienne peut utiliser des options pour se protéger contre les fluctuations du prix du pétrole. Bien sûr, cette couverture a un coût, mais elle permet de lisser les charges et d’éviter les mauvaises surprises en cas de dérapage des cours.

Les options réelles

Autre usage, moins connu : les « options réelles ». Elles servent à évaluer des projets ou des entreprises et permettent d’intégrer la flexibilité dans la prise de décision. Par rapport à des méthodes classiques comme la VAN, les options réelles autorisent l’adaptation de la stratégie en fonction de l’évolution des circonstances.

Certes, cela complexifie les calculs, mais ouvre la voie à une gestion plus fine et plus réactive, bien loin des recettes toutes faites.

Pour l’investisseur de demain

Les options, aussi sophistiquées soient-elles, ne garantissent pas de meilleurs résultats à long terme pour l’investisseur individuel. La sophistication n’est pas toujours synonyme d’avantage. Mais comprendre le fonctionnement des options, c’est se donner les moyens de mieux appréhender le monde financier et ses subtilités. Pour qui vise la simplicité, saisir la complexité peut s’avérer libérateur.

Que vos placements s’épanouissent… et que votre curiosité financière ne vous quitte jamais.

FAQ sur les options financières

Qu’est-ce qu’une option en finance ? Une option est un contrat qui confère le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent (action, indice, pétrole, or, obligation, etc.). Son fonctionnement rappelle celui d’un contrat à terme, à cette différence près qu’il laisse le choix d’exercer ou non le droit.

Comment fonctionne une option ? On peut acheter ou vendre une option. Le droit d’achat s’appelle call, le droit de vente put. L’option a une durée limitée, arrêtée à l’avance. Pour les options américaines, l’exercice est possible à tout moment jusqu’à l’échéance. Pour les européennes, il n’a lieu qu’à la date prévue. Ces deux formats existent partout dans le monde.

Qui émet des options ? En théorie, tout le monde peut conclure un contrat d’option de gré à gré. Dans la pratique, ces contrats sont mieux encadrés s’ils sont émis par des institutions financières reconnues, par exemple, les bourses comme Euronext, qui proposent de nombreuses options sur actions ou indices. Les entreprises proposent également parfois des options à leurs cadres, dans le cadre de leur rémunération.

Comment détermine-t-on le prix d’une option ? Plusieurs paramètres entrent en jeu. La valeur intrinsèque correspond à la différence entre le prix du sous-jacent et le prix d’exercice (si le prix d’exercice est supérieur, la valeur intrinsèque est nulle). À cela s’ajoute la valeur temps, qui dépend de la probabilité que l’option devienne profitable, de la volatilité du sous-jacent et de la durée restante jusqu’à l’échéance.

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