805 mm, 800 mm, 790 mm… Si ces chiffres vous parlent et vous font transpirer, vous avez déjà été intéressé par la hauteur de siège des motos , probablement à cause d’une « petite taille » compte tenu des normes du marché pour 2 roues.
Et oui, malheureusement, la grande majorité des motos vendues sont conçues pour les personnes de plus de 1,70 m. Mais aujourd’hui, vous n’êtes plus obligé (e) de choisir une coutume pour sa selle basse ou de viser les trottoirs à chaque arrêt , car il existe plusieurs solutions pour éviter l’abandon le vélo de vos rêves. Nous allons jeter un oeil à la question dans cet article.
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Les faits :
Rien n’y fait : pour se sentir en confiance à l’arrêt sur son deux-roues, poser le pied à plat (ou au moins les orteils bien ancrés) est indispensable. Sans cela, chaque feu rouge ou démarrage en côte devient une épreuve d’équilibriste.
Le poids, voilà l’autre donnée qui fait la différence. Mis à part les petites cylindrées de 50 cc, la barre des 100 kilos est vite franchie, avec un centre de gravité qui peut vite donner des sueurs froides. Tant que la moto roule, tout roule. Mais à l’arrêt, il faut composer avec l’inertie, le relief du sol, et même, parfois, la simple sortie de la béquille peut tourner au numéro d’acrobate.
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Bien sûr, certains réussiront à dompter des machines hautes malgré un gabarit modeste. Mais il faut du temps, des kilomètres et une vraie capacité d’anticipation pour parer chaque piège du quotidien. Apprendre à lire la route, à prévoir le bon appui, à sentir le moment où tout peut basculer.
Petit à petit, on sent son engin, son poids, ses réactions. On finit par deviner le comportement de la machine. Mais il faut bien débuter un jour, et il faut l’avouer : la confiance n’est pas au rendez-vous lors du premier achat.
De quoi parlons-nous ? Hauteur et largeur de selle
On le sait, on finit toujours par traquer la fiche technique et chercher ce chiffre magique : 780 mm, voire moins. C’est un bon repère pour démarrer, mais il ne faut pas s’arrêter là. Trois chiffres ne suffisent pas à raconter l’accessibilité d’une moto. La hauteur de selle, ce n’est qu’un début : la largeur de la selle entre aussi en jeu.
Un exemple : certaines motos affichent une hauteur intimidante et pourtant, grâce à une selle fine, permettent de poser les pieds bien plus facilement que d’autres, plus basses mais larges. C’est la fameuse arche de passage : la distance réelle à parcourir entre chaque pied posé à plat de part et d’autre de la selle. Rien ne remplace l’essai : il faut monter dessus, vérifier, comparer en concession, car le ressenti change tout.
Les solutions
1) Motos avec sièges réglables
Bonne nouvelle, plusieurs fabricants proposent désormais des motos à selle réglable en hauteur. BMW a ouvert la voie dans les années 90, et aujourd’hui, cette option se retrouve du roadster accessible à la GT sophistiquée. Des modèles comme la Honda CBF 600 permettent d’ajuster la selle sur trois positions : 770, 785 ou 800 mm. La différence est flagrante dès qu’il s’agit de poser les deux pieds au sol. Certains constructeurs proposent même une version « basse » au même tarif que la version standard : de quoi trouver chaussure à son pied sans se lancer dans des modifications.
2) Abaisser sa moto
Si la moto de vos rêves n’offre pas cette option, rien n’est perdu : plusieurs solutions existent pour gagner quelques précieux centimètres.
Travailler la selle :
La méthode la plus accessible et économique consiste à faire creuser la selle d’origine. On peut ainsi gratter 1 à 1,5 cm, ce qui change déjà beaucoup la donne. L’inconvénient : le confort s’en ressent, car la selle devient plus fine. Mais il existe un compromis : ajouter un insert en gel à la place de la mousse retirée. Plus mince, mais toujours confortable, et le gain de hauteur reste là.
Pour les bricoleurs, il est possible de modifier soi-même sa selle à condition d’avoir une selle de rechange pour s’entraîner. De nombreux tutoriels existent pour se lancer sans risque.

Autre piste : consulter le catalogue de pièces pour votre moto. Certains modèles proposent des selles abaissées prêtes à monter, sans passer par le sur-mesure.

Enfin, pour aller plus loin, il existe des selles sur-mesure, abaissées, plus étroites, ou les deux à la fois. Des selliers spécialisés proposent de réduire la largeur et la hauteur d’environ 2 cm, tout en conservant un bon confort d’assise.

Jouer sur les suspensions :
Première étape possible : assouplir l’amortisseur arrière en modifiant la précharge du ressort. Le but : permettre à la moto de s’enfoncer davantage sous le poids du pilote. Attention toutefois à ne pas tout desserrer : cela peut nuire au comportement de la moto et devenir risqué, notamment en duo.
Pour aller plus loin, il existe des amortisseurs plus courts, qui permettent de conserver une bonne suspension tout en baissant la hauteur. Il faut garder à l’esprit que chaque modification de l’amortisseur arrière change la géométrie de la moto : la maniabilité, le centre de gravité, et parfois la garde au sol. Il est donc conseillé d’ajuster aussi la suspension avant, en remontant les tubes de fourche (environ à mi-parcours du rabaissement arrière).
Autre alternative : le kit d’abaissement. C’est une solution abordable, souvent réversible (pratique à la revente). Il s’agit de remplacer une pièce spécifique (biellette ou support d’amortisseur selon le modèle), pour gagner jusqu’à 50 mm de hauteur. Là aussi, la géométrie et la garde au sol changent : mieux vaut confier l’opération à un professionnel expérimenté.
Un conseil : lors de l’achat d’un kit, vérifiez la présence de l’homologation TÜV (organisme allemand de certification), gage de qualité et de solidité. Il est également nécessaire de contrôler deux points :
- La béquille latérale reste conforme aux normes CEE après montage du kit.
- La capacité de charge de la suspension arrière est adaptée au poids total autorisé, comme indiqué sur la carte grise.
Adapter l’équipement pilote
On y pense moins, mais le choix des bottes peut aussi faire la différence, notamment pour les femmes qui rencontrent plus souvent ce souci de hauteur. Certains modèles de bottes et chaussures de moto, spécialement conçus pour les femmes, proposent des semelles épaisses, voire des talons, permettant de gagner facilement entre 1,5 et 6 cm, sans toucher à la moto.

Le marché de l’occasion : une opportunité à saisir
Avant de se lancer dans les modifications, il peut être judicieux de rechercher une moto d’occasion déjà adaptée : selle abaissée, kit d’abaissement, ou autres ajustements sont parfois déjà en place sur certains modèles en vente. Autant en profiter si le modèle convoité se trouve prêt à rouler sans effort supplémentaire.
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Combien ça coûte ?
Voici un aperçu des tarifs à prévoir selon la solution choisie :
- Selle creusée : de 50 à 200 €
- Selle basse du catalogue : 200 à 300 €
- Selle sur-mesure : 250 à 400 €
- Réglage d’amortisseur arrière : frais de main-d’œuvre et d’huile (variable)
- Amortisseur arrière plus court : 500 à 1 000 € selon le modèle
- Kit d’abaissement : 100 à 300 €
- Bottes moto à semelles épaisses : à partir de 140 €, et parfois moins en période de promotions, soldes ou Black Friday
Finalement, la taille n’impose pas sa loi : il existe des alternatives concrètes pour que chacun trouve sa place au guidon, quel que soit son gabarit. La route n’attend que vous, peu importe les millimètres affichés sur la fiche technique.
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